Un chien-loup qui surgit en plein sprint de ski de fond aux JO 2026. Des fondeurs lancés à toute vitesse. Une caméra qui le suit comme une star. Et, à des kilomètres de là, une famille qui commence à recevoir des vidéos et à… paniquer. Derrière les images virales de Nazgul, il y a surtout l’histoire très humaine d’une grosse frayeur et d’un amour fou pour un chien.
Nazgul, le chien qui a volé la vedette aux championnes olympiques
Sur la neige de Tesero, ce 18 février 2026, tout semble sous contrôle. Les meilleures fondeuses du monde s’affrontent en sprint libre par équipes. Le public suit, la télévision filme. Et soudain, une silhouette grise apparaît sur la piste.
Un chien-loup de deux ans, oreilles droites, queue en mouvement, entre dans le champ de la caméra. Il ne semble pas apeuré. Il court, regarde l’objectif, se met presque à jouer avec les fondeuses. L’instant est à la fois drôle et irréel.
Sur les réseaux sociaux, les vidéos tournent en boucle. On rit, on partage, on commente. On le surnomme déjà la “mascotte officieuse” des JO de Milan-Cortina. Ce que personne ne voit, à ce moment-là, c’est l’angoisse qui monte dans un train, à plusieurs heures de là.
« Ce n’est pas lui… » : le moment où tout bascule
Ce matin-là, la famille Varesco quitte calmement sa maison de Tesero. Direction Antholz-Anterselva, en train, pour voir le relais féminin de biathlon. Nazgul, lui, reste à la maison, dans son chenil, comme d’habitude.
La porte est fermée. Il est dans sa niche. Rien d’anormal. Alice et Ernesto montent dans le train, leurs enfants aussi. La journée doit être simple. Du sport, des émotions, un peu de fatigue, puis le retour à la maison.
Trois heures plus tard, le téléphone d’Alice commence à vibrer. Messages, notifications, vidéos. Des amis lui envoient tous la même chose : un chien qui s’invite sur une épreuve olympique. Elle regarde. Et tout de suite, elle se dit : « Ce n’est pas lui. Il est à la maison. La porte est fermée. Il n’a jamais ouvert une porte tout seul. »
Mais les vidéos se multiplient. Les angles de vue changent. Les gros plans s’enchaînent. Et le doute, doucement, s’installe.
De l’incrédulité à la panique
Vous connaissez peut-être ce moment où l’on se répète : « Ce n’est pas possible. » Puis, détail après détail, l’évidence s’impose. Pour Alice et Ernesto, le déclic arrive quand ils voient la photo officielle de la course.
Sur l’image, plus de doute. Le museau, le regard, la démarche. C’est bien Nazgul. Le chien qui court à côté des fondeuses est le leur. L’amusement laisse alors tout de suite la place à autre chose.
Alice l’explique simplement : « On a commencé à paniquer. » Le couple ne pense plus au biathlon, ni au spectacle. Toute la journée, une seule question tourne dans leur tête : comment leur chien a-t-il pu se retrouver là, seul, au milieu d’une épreuve olympique ?
Et surtout : est-il vraiment en sécurité ?
« Je pense qu’il nous cherchait » : un chien qui n’aime pas rester derrière
Quand les choses se calment un peu, Alice essaie de comprendre. Nazgul n’est pas un chien errant. Il vit dans un chenil, il a ses repères. Il dort là quand la famille est à la maison. Rien ne laisse penser qu’il pourrait fuguer si facilement.
Elle finit par imaginer un scénario très simple. Peut-être, en les voyant partir, Nazgul s’est senti mis de côté. Triste. Excité aussi. Elle pense qu’il a réussi à actionner le levier du chenil et à sortir tout seul.
Et après ? Il a pris la direction qu’il connaît le mieux. Celle des balades en famille. Celle des compétitions où ils vont ensemble. Tesero, les pistes, la foule. Pour elle, c’est clair : « Je pense qu’il nous cherchait. »
Pour un chien-loup de deux ans, plein d’énergie, suivre le mouvement, les bruits, la neige, c’est presque naturel. Il ne réalise pas qu’il traverse l’un des événements les plus sécurisés du monde. Il suit juste son instinct. Et peut-être l’odeur de la fête.
Les coulisses de la “star” : entre soulagement et culpabilité
Heureusement, du côté de l’organisation des JO, les choses se passent bien. Les équipes réussissent à récupérer Nazgul sans le blesser. Sans mettre en danger les athlètes ni le public. Le chien est gardé en sécurité jusqu’à l’arrivée de ses propriétaires.
Quand Alice et Ernesto apprennent qu’il est sain et sauf, ils respirent. Mais l’inquiétude ne disparaît pas pour autant. Ils restent marqués par ce qui aurait pu arriver. Une chute. Un choc avec un skieur. Un accident sur la neige.
Ils reçoivent des messages, des appels, des notifications sans arrêt. Les vidéos circulent partout. Le visage de leur chien apparaît sur des médias du monde entier. Pour eux, c’est presque trop : « C’était devenu impossible », confie Alice. Impossible de suivre, impossible de répondre à tout, impossible aussi de prendre du recul sur cette journée folle.
Quand un simple chien rappelle les failles de la sécurité
Cette histoire a aussi un autre effet. Elle interroge sur la sécurité, à la fois autour du site olympique et autour de la maison des Varesco. Comment un chien a-t-il pu sortir du chenil, puis atteindre une zone de compétition aussi surveillée ?
Pour les dernières épreuves du week-end, la famille ne prend plus aucun risque. La sécurité autour du chenil est renforcée. Meilleure fermeture. Vérifications. Habitudes revues. L’objectif est clair : que Nazgul ne puisse plus refaire la même escapade.
De leur côté, les organisateurs des JO peuvent aussi tirer des leçons. Un animal sur une piste à ce niveau, c’est rare. Mais ce n’est pas impossible. Et dans un monde ultra-sécurisé, ce genre de détail rappelle que le risque zéro n’existe pas vraiment.
Une journée qu’ils ne pourront jamais oublier
Au final, l’histoire se termine bien. Aucun blessé. Un chien indemne. Une famille qui retrouve son compagnon. Et un public qui garde en mémoire une scène tendre et complètement inattendue.
Pour Alice et Ernesto, c’est différent. Derrière le côté “mignon” des images, ils garderont surtout la peur et les questions sans réponse de cette journée. Mais aussi un lien encore plus fort avec Nazgul. Ce chien qui, pour les suivre, a été prêt à traverser les JO.
Et vous, comment auriez-vous réagi si, en ouvrant votre téléphone, vous aviez découvert votre propre chien en train de courir aux côtés des meilleures athlètes du monde ? Une chose est sûre : après cette histoire, plus personne ne verra un chien qui traverse une piste de ski de la même façon.










